Trek au Djebel Saghro et dans la Vallée des Roses


104

kilomètres

2800

mètres de dénivelé

4

jours


English version

Pour échapper à notre petite routine Grenobloise en plein mois de février, nous avons planifié notre deuxième voyage dans l’Anti-Atlas Marocain deux ans après notre rencontre… Nous arpentions alors les montagnes autour de Tafraoute dont l’itinéraire avait été emprunté à MartinPierre !
Ce voyage a donc naturellement pris l’allure d’un trek… Nous apprécions avoir une diversité de paysage rythmée lors de nos itinéraires, nous avons alors concocté notre propre parcours.

La traversée du Djebel Saghro en deux jours est la première étape d’un voyage d’une semaine, avec une coupure planifiée au milieu. Si d’habitude nous sommes plutôt à la recherche d’une forme de trek en autonomie, ce format permet de visiter d’autres vallées (pendant la journée ‘pause’) et permet aussi un ravitaillement pour avoir des sacs relativement légers : 11 et 14 kg. Pour la deuxième étape du trek, nous avons choisi la Vallée des Roses bien connue pour ses couleurs vives en saison estivale. Les bouleaux en hiver nous ont offert des paysages surprenants.

Au Maroc, faire des courses dans les petits villages et hameaux n’est pas un problème. De nombreuses petites boutiques sont même présentes hors des tracés de randonnées touristiques mais elles ne sont pas souvent référencées. Il arrivait qu’on les dépasse d’un kilomètre et qu’on aperçoive un panneau les mentionnant.

Pendant ce voyage, nous fîmes de belles rencontres qui resterons dans nos mémoires. Notre première fois au Maroc fut plus qu’un bouleversement culturel et paysager, nous ne nous doutions pas qu’une deuxième venue au Maroc nous procurerait des sensations aussi intenses.

Cette aventure fut aussi une occasion de réaliser le test des chaussures Quechua Evofit MH 500. Explore A Perte de Vue vous livre toutes les informations pratiques ainsi que l’itinéraire détaillé.

Les montagnes aux premières lueurs
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Itinéraire

Il s’agit d’un trek dont une partie se passe dans le Djebel Saghro et une autre dans la fameuse Vallée des Roses.
Un ravitaillement complet est possible à mi-chemin à Boumalne Dadès. Grâce aux détails sur nos tracés GPS en annexe, vous pourrez optimiser vos sacs en achetant du pain, des gâteaux ou bien du thés pour quelques dirhams. Pour ce qui est de l’approvisionnement en eau au Maroc, il faut veiller à apporter un dispositif de purification. Emmener un panneau solaire peut être une très bonne option pour recharger les batteries des appareils.
Cet itinéraire rend possible la visite des gorges du Dadès en voiture de location ou à pied. Nous vous partageons aussi un circuit de randonnée touristique proposée par un local. Le point de départ est accessible en bus de Boumalne Dadès pour 5 dirhams par personne. (10 dirhams = 1 euro)

A l’Est d’Ichazzoun n’Imlas

Les guides touristiques anoncent que les prix des taxis collectifs sont identiques aux bus. Cependant il est difficile de trouver un taxi collectif rempli pour une destination précise. Il faudra, en plus d’être confronté à une négociation du prix, payer les places restantes – ou attendre d’autres personnes intéressées par le même trajet. Les lignes de bus partent au contraire à des moments réguliers tout au long de la journée.
Pour le trajet jusqu’à Handour, nous aurions dû payer 6€ par personne jusqu’à N’Kob, mais comme le taxi n’était pas plein nous avons dû payer les places restantes et cela nous a finalement coûté 40€.

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Djebel Saghro : première étape

Handour – Au dessus d’Igli


29

kilomètres

1400

mètres de dénivelé

10h00

d’effort


Nous avons passé la nuit dans l’Oued de l’oasis, un peu au dessus d’Handour, à 2 kilomètres au nord du gîte d’étape. Se lever avant le jour nous a permis d’apprécier la douceur des couleurs naissantes sur les roches du Djebel Saghro. En février, nous avons bénéficié de journées assez longues en marchant matin et soir au crépuscule pendant les 10 bonnes heures de jour.

Les amandiers de l’Oasis au petit matin. Entre Igui et Tiguiza

Durant cette étape nous sommes très vite confrontés à la mendicité. Les enfants demandent des stylos, des dirhams, du chocolat. Un berbère nous dira plus tard qu’ils échangent ensuite leur butin contre des bonbons . Il regrette cette pratique durant son enfance qui lui a valu quelques dents en raison de la mauvaise hygiène dentaire au Maroc. J.GANDINI dans son ouvrage « Pistes du Maroc » dénonce les dons aux enfants Cela modifie leur comportement et les conditionne à mendier parfois agressivement, de manière envahissante. Il conseille de donner via des organismes, ou aux instituteurs des villages qui les redistribueront ensuite aux enfants.

Depuis des années, les touristes, randonneurs ou autres, nantis par excellence et fiers de le montrer, se sont crus obligés de distribuer gratuitement aux enfants n’importe quoi : bonbons, stylos, autocollants, casquettes et même dirhams. Ceci étant, dans les basses vallées et dans les zones de montagnes fréquentées par les randonneurs pédestres, on ne peut plus traverser un village ou croiser quelques bergers, jeunes ou adolescents, sans être sollicité souvent bruyamment, parfois agressivement, sous forme d’un « Donne moi un….. ! »

J.GANDINI DANS SON OUVRAGE « pISTES DU mAROC »
Vers Igli, le hameau se situe au pied des grandes falaises à droite

L’itinéraire de la première journée longe les Oueds et traverse les Oasis, il n’est alors pas trop difficile de trouver de l’eau à filtrer pour se ravitailler. En février, nous dormions dans le lit de la rivière qui offre un sable très confortable : aucun orage n’était prévu. Deux boutiques sont sur le chemin, une à Ichazzoun N’Imlas et l’autre à Igli. Soyons clairs, il s’agit de minuscules échoppes dont la plupart vendent du thé, des gâteaux, des bonbons et parfois du miel, du pain, des œufs et même de la Vache qui rit. Il est aussi possible de prendre une douche à Igli !

À noter qu’il est très important de faire le plein d’eau à Igli même, ou juste au dessus au bassin qui alimente le hameau. Le prochain point d’eau est bien loin.

Un des points de vue lors de la montée après Igli

Nous avions prévu une halte à Igli pour passer la nuit, nous nous engageons néanmoins sur l’ascension pour profiter de notre avancée. Peu avant le belvédère, les lumières du soir font rougir les monts du Djebel Saghro.

Le Djebel Saghro

Les coins pour dormir se font rares. Par chance, nous croisons un nomade qui nous accueille dans sa famille. Ils ont construit une petite cabane en pierre et en terre pour y stocker les vivres et y dormir à l’abri durant cette période. Au programme, du whisky marocain (thé à la menthe), du pain cuit sur la pierre chaude que nous accompagnons avec nos repas de trek pour régaler tout le monde. Nous échangeons nos us et coutumes avec Zaïd qui parle un peu français.

La nuit de sommeil fut plus courte que les autres…
Illustration de Zoé Lefébure

Pour le coup, si quelqu’un croise Zaïd un jour, un stylo et une petite frontale à pile lui seraient bien utiles…

C’est une étape de 1400 m dénivelé positif, 320 m de dénivelé négatif, 29 kilomètres linéaire. À titre d’information, nous avons mis quasiment 10 heures hors pauses pour la réaliser.

Profil altimétrique
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Djebel Saghro : deuxième étape

Campement de Zaïd vers Tagdilt, puis Boumalne Dadès


20

kilomètres

465

mètres de dénivelé

6h30

d’effort


Le deuxième jour commence donc au campement nomade. Une variante est possible dès le départ en passant par les crêtes à l’Est. Etant donné que nous étions au crépuscule, nous avons préféré prendre de l’avance en passant par le cirque pour profiter de la fin de journée à Boumalne Dadès.

Un paysage se dévoile
Les rochers noirs reçoivent le soleil du matin

La diversité des paysages s’enchaîne encore. Oueds, oasis, crêtes puis cirques pour finir avec une descente dont la vue est dégagée sur la vallée de Boumalne Dadès. Les chaînes de montagnes au loin abritent les fameuses Gorges du Dadès ainsi que celles de Todra.

Plus loin vers Tagdilt il est très facile de trouver quelqu’un pour nous emmener à Boumalne Dadès. Il s’agit d’un village qui a l’habitude d’accueillir des touristes qui randonnent dans le Djebel Saghro. Les habitants aiment exercer leur français et sont parfois trop insistants pour qu’on dorme chez eux. La négociation pour Boumalne Dadès est assez difficile et les prix demandés sont parfois exorbitants. 100 dirhams semble être un prix très juste.

Excentrés de Tagdilt de plus de 5 kilomètres, des enfants font les allers-retours tous les jours pour aller à l’école

Boumalne Dadès est une petite ville de 2000 habitants, nous trouvons tout ce dont nous avons besoin. Il est possible d’y louer une voiture pour 30€ par jour et de dormir confortablement à l’hôtel. Notons qu’il s’agit d’un endroit très prisé pour les tapis Berbères. Si vous souhaitez faire une pause découverte, il est possible de faire cette randonnée à partir d’Aït Ben Ali dans les gorges du Dadès.

Il s’agit d’une étape de 465 mètres de dénivelé positif contre 1115 mètres de dénivelé négatif sur une distance de 20 kilomètres. Nous l’avons parcourue en 6 heures et 30 minutes hors pauses.

Pour ce qui est de l’altitude, nous passons à 2500 mètres. Se renseigner sur la présence ou non de neige est indispensable.

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Vers la Vallée des Roses : troisième étape

De Aït Ben Ali vers Bou Tharar


28,7

kilomètres

530

mètres de dénivelé

10h00

d’effort


Cette très jolie étape a une première partie très aride et une deuxième très arborée. Encore une fois il sera recommandé de se ravitailler en eau avant de s’aventurer dans cette traversée. Mais pas de panique, une magnifique fontaine vous accueille peu de kilomètres après le départ. Prenez garde aux chiens des bergers et ceux des femmes qui récoltent l’herbe à thé, ils sont imprévisibles à l’image des Patous des Alpes.

Un enfant berger intrigué en haut
En bas le relief laisse apparaître des maisons

Bou Tharar se découvre quelques temps après avoir pénétré une vallée fertile. Nous traversons une multitude d’oasis où les habitants cultivent les terres, récoltent et nettoient leur linge. Ils sont très curieux et nous proposent encore quelques fois de boire le thé.

À Bou Tharar il est possible de trouver des petits commerces. Un peu après la sortie du village, un chemin surplombe la route. Les points de vue sont exceptionnels et on y trouve de nombreux abris sommaires construits en terre.

Vue sur Bou Tharar

Cette journée fut très riche en faune, nous avons pu observer de nombreuses tortues aquatiques tout au long de la journée, ponctuant de « ploufs » notre randonnée. Le soir, il est aussi possible d’y voir des loutres chasser.

Voici l’itinéraire ainsi que le profil altimétrique. Le dénivelé est beaucoup moins important que pour les deux premières journées et le paysage tout aussi varié.

Cette étape fait 530 mètres de dénivelé positif et 560 négatif sur 28,7 Km. Nous avons mis 10 heures.

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Vallée des Roses : quatrième étape

De Bou Tharar vers Kelâat M’Gouna


26

kilomètres

400

mètres de dénivelé

8h30

d’effort


Cette quatrième et dernière étape débute à la sortie de l’oasis de Bou Tharar. De surprenantes couleurs ocres naissent dès les premiers rayons du soleil.

Panorama de couleurs

Une petite surprise tout à fait remarquable se situe en fin de trajet : on ne vous en dira pas plus !
A Kelâat M’Gouna, des grands autocars permettent de rentrer à Ouarzazate pour 25 dirhams. Ils sont situés après la place des taxis.


La Palmeraie de Skoura, classée au patrimoine mondial de l’Unesco vaut bien évidemment le détour. Elle se situe sur le retour et est accessible par autocar pour 15 dirhams. Notons au passage que les autocars présentent tous les critères de sécurité. (Nous les avons même trouvés très Hi-Tech.)

Il s’agit d’une étape de 400 mètres de dénivelé positif et 506 négatif. L’étape parait très plate mais il y a pas mal de petit ressauts tout le long de l’étape.
Ces 26 km ont été parcourus en 8 heures 30.

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Recommandations

  • La température en février est plutôt clémente. Elle peut passer en négatif la nuit et reste douce la journée (entre 15 et 20 degrés). Mais au soleil, attention ça tape !
  • Gare aux chiens de bergers, les Aïdi peuvent avoir un comportement agressif si l’on s’approche des troupeaux.
  • Attention, en pleine saison estivale les températures peuvent atteindre 50 degrés. Même si ce pic n’est pas atteint, il devient difficile pour des non acclimatés de faire de la randonnée, même non sportive. Les cobras et d’autres espèces nécessitants des précautions particulières apparaissent dans ses montagnes.
  • En ce qui concerne les paiements au Maroc, il est avantageux de se renseigner sur les affiliations entre les banques. La BNP par exemple est affiliée à la Banque Populaire très présente là bas. Cela permet d’éviter les frais supplémentaires.
  • Il est important de prendre une assurance. La carte visa premier peut selon votre banque vous apporter une aide assistance rapatriement et prendre en charge les frais de retour en cas de blessure en randonnée. D’autres assurances sont disponibles. Se renseigner au Club Alpin Français, Snowleader, ou auprès des assurances directement en ajoutant des options.

Bon trek !

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