Comment rendre l’eau potable en randonnée ?

Le choix d’un système de filtration ou de stérilisation d’eau peut devenir intéressant en trek, dès lors que les sources permettant un ravitaillement d’eau sont trop espacées ou absentes ou que l’on possède un doute sur l’eau disponible.

Ce doute repose sur la possibilité d’une contamination fécale (animale ou humaine) qui peut être à la fois parasitaire, bactériologique et virale. Pour prévenir cela, il est donc crucial de prendre des précautions pour ne pas contaminer les cours d’eau lors de notre passage.

Plusieurs types de filtration d’eau sont disponible sur le marché et il est parfois difficile de choisir. Nous allons en faire le tour dans cet article et détailler les technologies existantes. Ici, aucune place pour le chlore (pastilles micropur) qui présente des risques assez évident pour la santé.

Avant toute chose, aucun système portatif de filtration d’eau n’est actuellement capable de filtrer l’eau de mer. Quelques astuces existent cependant pour vous permettre de survivre dans la nature avec de l’eau de mer, on vous dit tout !

Alors voici de quoi nous souhaitons nous protéger lors de notre quête d’or bleu.

1- Les agents pathogènes

Nous ne nous attarderont pas sur les conséquences de leur absorption par l’homme. Il faut retenir que nous n’allons pas passer de superbes moments en leur compagnie : diarrhée, crampes d’estomac, flatulences, vomissements…

Les agents pathogènes sont les parasites protozoaires dont la taille varie de 1 à 15 microns et les bactéries dont la taille varie de 0.2 à 5 microns.

Les virus ont une taille qui varie de 0.02 à 0.2 microns et doivent se propager à travers un organisme vivant. Ils pourraient tout de même survivre dans l’eau et trouver un hôte à contaminer.

Une eau potable c’est donc une eau qui ne continent pas de micro-organisme nocif pour la santé. C’est sur ce critère que les systèmes de filtrations seront testés. Bien sur, une eau qui contient des substances chimiques peut être considérée comme non potable… espérons ne pas avoir à faire un article pour traiter ce sujet lors de nos randonnées !

2 – Les systèmes de purification d’eau

(Hors chimiques)

2.a – Ébullition et évaporation (distillation)

L’ébullition, c’est l’un des meilleurs moyens de rendre l’eau potable. L’eau consommée pour la cuisine est idéale ! Seul hic, nous n’avons pas toujours le temps ni les moyens techniques de faire bouillir l’eau pendant les 15 minutes recommandées pour rendre l’eau potable. Lorsqu’on est limité par le poids du sac à dos en trek (avec un gaz limité), il faut donc faire bouillir l’eau tout en veillant à ne pas contaminer les récipients entre eux.
Le souci aussi, c’est qu’une eau terreuse le restera après ébullition. Pour la rendre moins terreuse, il est possible de la filtrer bien sûr, mais aussi de la faire décanter où de récupérer la vapeur d’eau avec un système de condensation. Et c’est uniquement ce dernier qui fonctionnera pour nous avec l’eau de mer. Son petit nom, c’est la distillation !

Comment peut on distiller de l’eau de mer ?

Puisque on en parle, voici comment procéder dans vos aventures, sans transporter aucun matériel de chimiste. Vous pouvez placer de l’eau salée dans un grand récipient au soleil, au centre de celui ci, un deuxième récipient plus petit qui devra récupérer l’eau évaporée du plus grand. Vous couvrez les deux avec du film plastique et il faudra rajouter du poids sur le film pour que l’eau évaporée (grâce au soleil ou au réchaud) qui se condense sur le filtre soit recueilli dans notre plus petit récipient ! Je vous mets un lien en fin d’article pour aller plus loin.

L’inconvénient réside donc dans le besoin d’avoir beaucoup de temps devant soi et utiliser potentiellement de l’énergie de son réchaud… où du solaire ! Cette technique reste tout de même anecdotique puisque nous pouvons imaginer que nous nous déshydraterons plus vite que ce que le petit récipient se remplit… Sauf si nous sommes échoués sur une île déserte ?

Dans ce cas, des collecteurs de rosée sous forme de bâches ou de peintures sont aussi utilisables… Je vous mets un lien utile sur ces technologies en fin d’article si vous êtes intéressés par l’autonomie hard-core.

2.b – Les filtres

Pour les systèmes de filtration, il existe une multitude, en fibre de verre, en fibre creuse, en céramique ou encore avec du charbon actif.
Sur le marché, la publicité est incroyable. Le plus léger, le plus efficace, filtre 99,99% des bactéries… Charbon actif couplé à tel ou tel truc incroyable, bref on est vite perdu face à toutes ces choses géniales qui se présentent à nous. Voici comment faire le tri.

Pour commencer, les pompes ont des débits et des durées de vie différentes (exprimées en capacité de litre d’eau filtrée et filtrable). La longévité est directement liée à la rentabilité du produit, sauf si vous comptez vivre en autarcie complète, loin du monde, des magasins et de nos conseils…

Ces outils présentent surtout des plages de filtrations plus ou moins importantes correspondant aux diamètres des agents pathogènes à filtrer. Notons que certaines réduisent même la teneur en produits chimiques de l’eau et agissent sur les virus (0.02 à 0.2 microns).

Vous l’aurez compris. Avant d’entrer dans le détail il est important d’identifier votre besoin. Est il indispensable d’acheter un système de filtration pour rester sur des sentiers de randonnée jalonnés de sources de montagne ? Si oui, attardez-vous maintenant sur les différents types de filtres et leur utilisation. Faisons le point sur ce qui les compose.

De quoi sont ils fabriqués ?

Le charbon actif est un élément présent dans certaines gammes de pompes filtrantes, il permet de réduire l’odeur, le goût et la couleur de l’eau mais aussi les produits chimiques ( les hydrocarbures chlorés et autres composés organiques volatils, l’iode, certains métaux lourds, les pesticides, les produits de désinfection, les résidus médicamenteux d’entretien et d’hygiène, les perturbateurs endocriniens et j’en passe*). Bref c’est intéressant si l’on doit filtrer à partir d’une flaque d’eau ou d’une rivière vraiment suspecte ( lorsque nous sommes en aval ou avec une suspicion d’habitations, lieu de bivouacs, présence de troupeaux en amont, qu’on est dans un pays pauvre, ou qu’on a décidé de visiter Tchernobyl en famille…).

Les filtres en céramique ont une durée de vie plus importante car ils peuvent être nettoyés. Ils sont capable de purifier une eau trouble et de filtrer un volume d’eau important mais ont un coût élevé et pèsent souvent plus lourd et nécessitent un effort de pompage important.

Les filtres en fibre de verre ont une durée de vie plus faible car ils ne peuvent pas être nettoyés. Ils ne sont pas capables d’agir sur une eau très trouble mais leur coût est plus faible. Ils sont plus léger que les précédents et leur effort de pompage est moins important.

Les filtres en fibres creuses, il s’agit d’un moyen aussi fiable pour éliminer les agents pathogènes mais cette fois ci leur qualité est telle qu’elle rend possible l’élimination des virus en plus. Mais cette technologie reste coûteuse.

À noter qu’il existe aussi des pompes autonettoyantes. Une partie de l’eau pompée est évacuée et nettoie le filtre. La pompe MSR Guardian, que j’utilise dans les treks hors des sentiers battus au Maroc. De plus elle est l’une des rares à filtrer les virus car elle dispose de la technologie des filtres en fibres creuses. Je prévois prochainement de sortir un test sur cette fameuse pompe. Il y a beaucoup de publicité positive dessus mais certaines choses sont à redire tout de même. Il faut qu’on en parle. Pour être au courant des nouveaux articles, abonnez vous à la page Facebook. En France ou en Norvège, je n’emporte qu’une paille filtrante adaptable sur mon camelback dans les cas ou j’ai un doute car l’eau est souvent très clean.

Bref, il existe sur le marché une multitude de pompes qui ravira votre budget. Les fabricants associent divers technologies de filtration et de purifications pour agir sur la plage de filtration la plus efficace tout en proposant un débit et un poids intéressant. Grâce à cet article, vous pourrez maintenant comprendre ce qui compose votre futur système de purification et refuser d’avoir un filtre avec des particules d’aluminium nocives qui sont couplées au filtre… Mais il existe, en plus de tout cet atiral et du fameux micropur chloré un autre système de stérilisation.

2.c – Système de stérilisation aux UV

Ce sont des stylos permettant la purification de l’eau par UV qui sont efficaces contre les virus, les bactéries et les protozoaires, mais nécessitent de ne pas avoir une eau trouble. Il faut environ 1min a 1min30 pour stériliser 1L d’eau et vous êtes contraint de veiller à ne pas être à court de piles.

3 – La combinaison de systèmes de purification

On peut effectuer des combinaisons de systèmes de purification d’eau. Il est utile de comprendre quel est la plage d’utilisation de chaque système. Ainsi, comme nous l’avons vu peu de systèmes balaient tout, et ceux qui le font sont extrêmement coûteux et utiles, au final, que dans assez peu de circonstances. Si vous n’envisagez pas des aventures régulières auprès d’eaux très contaminées, vous pouvez opter pour un système de filtration qui parait cohérent avec votre pratique, que vous couplerez à un autre en cas de besoin.

Exemple 1 :

Si votre eau est très sale, vous pouvez par exemple la pré-filtrer avec un filtre à café ou la faire décanter puis la faire bouillir ou utiliser un stylo UV.

Exemple 2 :

Dans le cas le plus extrême si vous penser un jour avoir besoin d’agir sur tous les bords, vous pourrez par exemple opter pour un traitement chimique associé à une pompe au charbon actif. Le traitement chimique élimine virus et bactéries tandis que le charbon actif éliminera par la suite le gout, le chlore et la couleur de l’eau (et toutes traces d’autres particules néfastes mentionnées dans la partie précédente…). Il est aussi possible de faire bouillir après avoir passé l’eau dans le système de filtration mais cela prend plus de temps, donc profitez en pour faire du thé !

A vous d’imaginer votre combo parfait selon votre besoin !

4 – Mises en garde

Si vous décidez d’opter pour un système de filtration mécanique tel que des pompes, des filtres type pailles ou des stylos à UV pensez à prévoir une solution si votre système devient défaillant. Des pastilles chlorés peuvent être indispensables dans le fond du sac.

Le gel, une eau trop trouble peut interférer avec le bon usage du système de filtration, il faudra prendre les précautions qui dépendent du système que vous aurez choisi !

Veillez lors des opérations de purification à ne pas contaminer des objets avec l’eau souillée. L’hygiène et le lavage des mains sont indispensables lors de ces opérations.

Prudence de ne pas imiter un autochtone qui boit de l’eau. Pouvant avoir développé une tolérance à la consommation d’une eau impropre, vous pourrez tomber malade en la consommant sachant que les parasites sont invisibles a l’œil nu !

Pour aller plus loin…

Voici une thèse sur les « Risques pour la santé encourus par le randonneur de haute montagne« , effectuée par Kollmann Théophile.

Pour la distillation de l’eau de mer, voici quelques liens.

Autre procédé de distillation d’eau de mer.

Dessalement de l’eau de mer principe de la distillation.

Pour aller plus loin dans le dessalement d’eau de mer.

Voici le site de l’Organisation pour l’utilisation de la Rosée.

Bonnes randonnées !

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