Petit massif des Alpes moins connu et moins fréquenté que ses deux grands voisins la Vanoise et les Écrins, le massif des Cerces, parfois aussi nommé massif du Thabor, est un petit joyau de nature sauvage et somptueuse qui possède l’atout d’avoir des paysages clairsemés de très nombreux lacs de montagnes (vous en rencontrerez une vingtaine sur votre parcours).

Cet itinéraire permet de prendre un grand bol de nature en se coupant presque de toutes civilisations. Aucune route ne traverse le massif, pas de station de ski qui vient dénaturer le paysage… L’unique lieu habité que vous traverserez est le petit village authentique de Névache. Les sentiers escarpés vous emmèneront jusqu’en haut du Mont Thabor qui culmine à 3178 mètres d’altitude. De là, vous découvrirez une vue imprenable sur les vallées et les nombreux lacs du massif.

Étape 1 : Pont de l’Alpe – Refuge de Laval


13,7

kilomètres

1130

mètres de dénivelé

7h15

d’effort


Le départ de ce trek est situé au Pont de l’Alpe, un petit hameau du village de Monêtier-les-Bains à 25 minutes de route de Briançon. Vous y trouverez un grand parking où laisser votre voiture pour la semaine.

Le refuge du Lauzet

Le sentier s’élève dans un écrin de verdure. Tout de suite nous sommes plongés dans le cadre apaisant de la montagne. Les marmottes sont là pour nous accueillir ! À notre droite, l’Aiguillette du Lauzet et ses hautes falaises nous abritent du soleil durant la matinée.

On rentre tout de suite dans le vif du sujet en gravissant les 1000 premiers mètres de dénivelé du trek. Le chemin suit un vif torrent puis serpente jusqu’à atteindre le Col du Chardonnet Sud d’où l’on peut déjà admirer les hauts sommets des Écrins.

Le col du Chardonnet Sud

Un tout petit détour s’impose par le lac de la Mine, premier lac de ce trek. Celui-ci doit son nom à la mine de graphite située proche du col du Chardonnet Nord exploitée durant les siècles derniers. Le graphite extrait était utilisé pour la fabrication des mines de crayon et pour les charbons des moteurs électriques (tramway/train).

Le graphite provenant du Chardonnet était traité dans une usine de Briançon : la Plombagine (nom ancien donné au graphite). Les fondations de cette grande usine sont encore visibles dans la zone industrielle de Briançon, derrière le Centre d’Oxygénation, à l’emplacement de l’actuel stand de tir.

Société Géologique et Minière du Briançonnais (SGMB)

Il est possible d’élargir le détour jusqu’à l’entrée de la galerie qui est actuellement fermée par une grille. On peut y observer, à l’extérieur, la tête du téléphérique qui servait à acheminer les matériaux dans la vallée.

Le sentier traverse ensuite une zone humide et marécageuse, puis atteint le refuge du Chardonnet où il est possible de faire le plein d’eau. Nous descendons vers la vallée de la Clarée, site naturel classé pour sa nature et son patrimoine préservés. Le chemin suit le torrent vif et impétueux qui se fraye un passage parmi les mélèzes. A noter que cette vallée est merveilleuse à l’automne lorsque les mélèzes jaunissent. Vous trouverez de la place pour poser votre bivouac juste avant d’arriver au refuge de Laval.

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Étape 2 : Refuge de Laval – Lac Laramon


11,8

kilomètres

1200

mètres de dénivelé

7h00

d’effort


La matinée commence par un aller-retour indispensable au lac des Béraudes qui est l’un des plus beaux lacs du massif. Vous pouvez demander à laisser les sacs de trek dans l’entrée du refuge de Laval pour vous alléger lors de l’ascension vers le lac. Comptez environ 3h00 pour faire l’aller-retour.

Le lac des Béraudes

Le lac se situe dans une dépression  dont le fond est tapissé d’argile, ce qui lui donne sa couleur bleu turquoise extraordinaire.

Petit détail pratique : vous trouverez des toilettes sèches sur le parking à proximité du refuge de Laval.

Après avoir récupéré notre lourd fardeau, le chemin remonte de l’autre côté de la vallée jusqu’au lac de la Cula qui est bien différent du lac des Béraudes. D’une couleur sombre, il se détache particulièrement bien de la prairie jaunissante marécageuse.

Le sentier se poursuit sur un plateau jusqu’au lac Laramon, très prisé des pêcheurs, où l’on peut installer notre bivouac face aux hautes montagnes et au Dôme des Écrins qui se reflètent dans le lac…

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Étape 3 : Lac Laramon – Névache


16,1

kilomètres

990

mètres de dénivelé

7h20

d’effort


Nous poursuivons notre chemin vers le lac Serpent où se reflète cette fois-ci l’intégralité des hauts sommets des Écrins, la vue est grandiose !

L’ascension continue vers les lacs des Guardiolles qui nichent dans un chaos rocheux. La vue se dégage de plus en plus…

L’univers se fait de plus en plus minéral. On atteint un col au Sud-Est du Pic du lac Blanc qui culmine à 2980 mètres d’altitude. On découvre alors le lac Blanc peu connu des visiteurs, caché au creux d’un vallon, ainsi qu’un panorama grandiose qui s’ouvre vers l’Est du massif.

Le lac Blanc

La descente n’est pas évidente, le terrain est chaotique et parfois très glissant. Les bâtons de randonnée permettent bien des fois de ne pas se retrouver avec les fesses au sol… Au lac Blanc, on retrouve un panneau d’indication et un chemin plus marqué qui nous ramène sur le GRP. La descente dans le vallon jusqu’à la vallée de la Clarée est longue et l’on est heureux de retrouver une route sans cailloux qui roulent sous les pieds.

Nous traversons Névache, charmant village tout en longueur au patrimoine religieux remarquable : le village comporte pas moins de 4 églises et 30 chapelles réparties dans le vallée, ce qui fait environ une chapelle pour 10 habitants… Le bivouac se fait ce soir là au camping de la Lame, où l’on apprécie de pouvoir prendre une douche chaude.

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Étape 4 : Névache – lac Vert


11

kilomètres

810

mètres de dénivelé

5h30

d’effort


Avant de quitter le village, un détour s’impose par l’épicerie du hameau du Roubion qui est le seul ravitaillement possible sur le parcours.

Le chemin quitte peu à peu la vallée et s’élève dans une forêt de pins où l’on peut admirer des cheminées de fée, grandes colonnes de roche friable surmontées par un rocher d’une nature différente qui ne subit pas le travail de l’érosion. Le temps créé ses formes étranges partout dans le monde (comme les très célèbres Cappadoce) et il en découle différentes croyances et légendes, d’où le nom de « cheminée de fée ».

Nous arrivons ensuite sur un plateau bucolique composé de larges prairies fleuries, puis nous franchissons le Col des Thures où se trouve le lac Chavaillion bien peuplé à notre passage. En toile de fond, on distingue le grand Seru que l’on atteindra le lendemain.

Le sentier descend à travers bois vers la Vallée Etroite où l’on se retrouve plongé dans la culture italienne. Ici tout est écrit en italien. Cette vallée a en effet été de l’autre coté de la frontière jusqu’en 1947. Pensez à récupérer de l’eau à l’un des refuges car vous ne trouverez pas de point d’eau jusqu’au lendemain soir au refuge du Thabor. Nous prenons ensuite la direction du lac Vert par un large sentier extrêmement emprunté par les touristes italiens et français.

Le lac Vert est le plus beau joyau de ce trek. Après avoir traversé une forêt de sapins enchanteresse, le chemin surplombe ce lac d’une couleur éblouissante. Des nuances de verts, de jaunes et de bleus se démarquent à travers les troncs des arbres. Ce lac aux eaux translucides, gelée la plupart de l’année, laisse entrevoir les troncs d’arbres qui jonchent le fond recouvert d’algues.

Le lac Vert

Vous trouverez une seule et unique place de bivouac au bord du lac. Il faudra d’abord attendre que tous les promeneurs quittent les lieux. À la nuit tombée, vous remarquerez sûrement la présence des lérots peu farouches. On vous recommande de bien protéger vos provisions !

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Étape 5 : lac Vert – lacs Ste-Marguerite


14

kilomètres

1545

mètres de dénivelé

8h30

d’effort


La cinquième étape, est une grosse journée puisque nous partons pour l’ascension du Mont Thabor. Le chemin monte raide dès le début de la journée et passe devant la maison des Chamois et l’ancienne mine de fer de Blanchet dont l’exploitation s’est arrêtée en 1950.

La montée se poursuit par le vallon du Dîner et débouche sur le col des Méandes. Ici, nous pouvons laisser les lourds sacs de trek pour monter d’un pas léger jusqu’au Mont Thabor, point culminant de ce trek avec ses 3178 mètres d’altitude.

Le sommet marquait la frontière avec l’Italie jusqu’en 1947, date du traité de paris. Elle est dorénavant située cinq kilomètres plus à l’Est. Les couleurs ocres du Mont Thabor sont exceptionnelles : le sol est jaune, parfois brun allant même jusqu’au noir ou au rouge.

Le Mont Thabor est un lieu de pèlerinage : plusieurs croix installées par les habitants de Mélezet en 1860 jalonnent la montée et on trouve, quasiment au sommet, la chapelle Notre-Dame-des-Septs-Douleurs construite au XVème siècle puis reconstruite en bois en 1694 et enfin refaite en dur en 1897. Elle a ensuite été restaurée en 1951 grâce aux paroissiens de Mélezet. Chaque année, début août, des pèlerins venus de Melezet, Valmeinuier, Modane et Névache organisent un grand rassemblement et gravissent le Mont Thabor.

Après être redescendu de ce géant de roche, il faut récupérer les lourds sacs puis reprendre le chemin qui passe en dessous des gigantesques pierriers du Grand Seru. On arrive ensuite au lac du Peyron avec une magnifique vue sur le Mont Thabor qui parait déjà bien lointain et le Cheval Blanc qui culmine à 3020 mètres d’altitude.

Le lac du Peyron

On traverse ensuite le vallon de la Dame où le sentier ne fait que monter et descendre sur des petites bosses qui se font bien sentir après cette longue journée de marche. On arrive enfin au sympathique refuge du Mont thabor où l’on peut faire le plein d’eau et établir son bivouac entre les lacs Sainte-Marguerite.

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Étape 6 : lacs Ste-Marguerite – refuge des Drayères


13,6

kilomètres

780

mètres de dénivelé

8h00

d’effort


Début de la journée avec pour échauffement un sentier bien marqué jusqu’au col du Cheval Blanc. De là, commence une partie hors sentier plus difficile. Il vous faudra viser le passage du pic du Thabor en suivant les cairns dans d’immenses pierriers assez instables. De solides connaissances en orientation sont nécessaires ainsi qu’une expérience en randonnée hors-sentier mais surtout il vous faudra rester vigilant sur ce terrain chaotique qui peut être dangereux. Il est important de ne pas perdre de vue les cairns plus ou moins espacés et visibles…

Le paysage est entièrement minéral, nous sommes loin des jolies prairies verdoyantes et des paisibles forêts de mélèzes : ici la nature est austère et froide. Une fois parvenue au passage du Pic du Thabor, l’itinéraire à suivre est plus simple à visualiser : il suffit de redescendre dans le vallon et rejoindre le chemin balisé que l’on voit en contrebas.

Parvenue au chemin, nous remontons vers le col de la Chapelle et l’on suit la crête jusqu’à la Roche du Chardonnet. Le chemin peut ne pas être facile à marcher mais il est balisé. Une autre solution est possible : passer par le col de Névache. Il s’agit d’un itinéraire hors sentier sur pierrier vraiment instable où l’orientation est vraiment difficile. Cette version est réservée aux plus montagnards d’entre vous.

Les deux itinéraires ne sont pas conseillés par temps orageux ni par vents forts. Si la météo annoncée n’est pas bonne, il vaut mieux rester à l’abri dans sa tente… Rappelez-vous que vous pouvez toujours demander le bulletin météo dans les refuges.

Nous redescendons ensuite vers les lacs par le col et le ravin des Muandes. Nous retrouvons le plancher des vaches bien plus marchant. Les crêtes acérées se détachent en arrière-plan.

On peut établir le bivouac à proximité du refuge des Drayères situé au fin fond de la vallée de la Clarée (oui oui, celle que l’on a traversé au début du trek !).

Le tracé en pointillé sur la carte correspond à la partie hors sentier.

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Étape 7 : refuge des Drayères – Pont de l’Alpe


14,5

kilomètres

1220

mètres de dénivelé

6h30

d’effort

Le chemin s’élève et rejoint le seuil des Rochilles où l’on peut découvrir d’anciennes fortifications militaires. L’ouvrage fait partie de la ligne de défense Maginot ayant servi pendant la seconde guerre mondiale. Les fortifications creusées à même la roche sont conçues pour résister à un bombardement d’obus de gros calibres. Renforcé en béton armé, l’ouvrage n’a pas été achevé mais on peut tout de même encore y observer les lits des soldats ! Nous vous conseillons donc d’emmener une frontale pour la visite.

La dernière journée permet de tourner autour de la Pointe des Cerces qui culmine à 3098 mètres d’altitude et de découvrir encore de nombreux lacs : lac de la Clarée, lac Rond, lac du Grand Ban, lac des Cerces, lac de la Ponsonnière…

Au franchissement du col des Cerces, nous passons entre la pointe de la Fourche et la pointe des Blanchets, un univers minéral impressionnant par sa verticalité.

La descente vers le lac des Cerces permet d’apprécier la vue sur le Grand Galibier qui culmine à 3228 mètres d’altitude et les Aiguilles d’Arves au loin que l’on peut observer lorsque le temps est dégagé.

Nous effectuons une dernière montée jusqu’au col de la Ponsonnière ou l’on découvre le Grand Lac surmonté par l’arrête de la Bruyère, l’un des panorama les plus extraordinaires de ce trek. Nous apercevons de nouveaux les glaciers des Ecrins.

Ce trek se termine par une redescente jusqu’à l’Alpe du Lauzet où l’on retrouve le chemin que l’on a emprunté à l’aller il y a quelques jours. Retour au parking après un magnifique voyage dans ce merveilleux massif.

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Recommandations

Vous pouvez laisser votre voiture au parking du Pont de l’Alpe, point de départ de cet itinéraire.

Il est conseillé d’avoir déjà une bonne expérience de la randonnée pour réaliser ce trek. Les étapes sont modérées mais l’itinéraire comporte des sentiers escarpés et difficiles à certains endroits ainsi qu’une petite partie hors-sentier qui nécessite de savoir s’orienter dans un milieu montagnard.

Le massif des Cerces ne fait pas partit d’un parc naturel protégé (sauf pour la vallée de la Clarée). Il est donc possible de faire ce trek avec son compagnon à quatre pattes.

Le seul ravitaillement possible se situe à Névache. Il faudra donc bien choisir son jour de passage au village et s’assurer de l’ouverture de la seule supérette.

Certains secteurs sont très fréquentés en pleine saison (notamment le lacs des Béraudes et la Vallée Etroite), d’autres sont beaucoup plus calmes et sauvages. À la fin de l’été, le massif se vide et retrouve son calme mais la météo peut être plus capricieuse.

On trouve de l’eau à chaque refuge mais il n’y a pas de point d’eau potable entre deux. Il peut être intéressent d’emporter un système de filtration ou de purification pour pouvoir récupérer l’eau qui est omniprésente dans le massif.

Il est possible de raccourcir le trek d’une étape et donc de le réaliser en 6 jours en coupant directement vers le col de la Chapelle sur le Mont Thabor.

Bon trek !

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